Le point de vue du lion 🦁

DANS L’ŒIL DU CYCLONE: De l’inefficacité des solutions proposées par le professeur Jean-Claude HOUNMENOU contre les déviances comportementales en milieu scolaire.

Le rôle des parents est irremplaçable. Ils sont les premiers indexés dans le débat en cours. Il ne servirait à rien de remettre davantage la pression sur les enseignants qui sont déjà à bout de souffle. Les solutions que le professeur Jean-Claude Hounmenou propose, à l’exception de l’éducation civique, ont montré leur limite et ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.
Ainsi, je lis plutôt dans son interview un discours politiquement correct. Il est vrai qu’il semble cerner le problème en discussion et poser le diagnostic. Mais, il propose des solutions ordinaires qui nous laissent sur notre soif au regard du titre de son auteur, professeur titulaire de psychopédagogie. Il lui faut peut-être une nouvelle immersion dans les cours secondaires pour mieux comprendre les enjeux actuels.
1- De la démission des parents…
Le premier diagnostic n’est pas extraordinaire. Le citoyen lambda sait que beaucoup de parents sont occupés. Ils sont en quête des moyens de subsistance. Le suivi des enfants bien que prioritaire est relégué au second plan, des fois confié aux répétiteurs. Que propose Jean-Claude Hounmenou aux parents qui ont démissionné ? Rien. Il les dédouane. Les parents sont libres de laisser leur rôle régalien de première tour de contrôle de leurs enfants aux surveillants généraux et aux enseignants.
Le Professeur oublie délibérément que c’est sur l’éducation familiale et parentale que viennent se greffer toutes les autres formes d’éducation. C’est déjà à la maison que les parents doivent inculquer la vertu et les règles morales et éthiques de bonne conduite à leurs enfants pour éviter d’en faire des parias pour la société. Les parents se battent quotidiennement pour l’épanouissement de leurs enfants. Dans leurs divers agendas, ils parents ont l’obligation de laisser un créneau pour le suivi des enfants au lieu de renvoyer la balle dans le camp des surveillants généraux et enseignants.
2- Du laxisme des chefs d’établissement, des préfets de discipline et du corps professoral
Dans le contexte béninois tous les enseignants sont de facto des éducateurs. Cette posture de l’enseignant béninois est avant tout un phénomène culturel avant d’être conventionnel.
Malheureusement, le professeur Hounmenou incrimine les chefs d’établissement pour défaut de sensibilisation de leurs collègues enseignants. Ces derniers, qui à leur tour, vont jouer non seulement leur rôle d’éducateur mais également suppléer totalement aux carences des géniteurs des apprenants. Pour lui, la sensibilisation n’est plus aujourd’hui inhérente au bon fonctionnement des établissements.
Au vu de ce constat, il est évident que le professeur a une conception du fonctionnement des lycées et collèges en déphasage avec les réalités actuelles. Sinon, faut-il lui rappeler que dans le public les chefs d’établissement ont l’obligation de faire un bon résultat pour être maintenus au poste et que dans le privé, la rentabilité dépend d’une part de la qualité de l’enseignement qui y est dispensée et d’autre de la rigueur qui y règne. C’est pourquoi les chefs d’établissement n’ont jamais cessé de sensibiliser les enseignants afin qu’ils exercent davantage avec conscience et abnégation. D’ailleurs, aucun enseignant n’assume uniquement son rôle d’instructeur. L’enseignant est obligé souvent de discuter longuement avec ses apprenants, de les conseiller et de canaliser leurs dérives en vue de les amener à comprendre les enjeux de son cours, à le suivre, à jouer pleinement leur partition dans le cadre de l’application de la pédagogie active et à réviser les enseignements reçus. Il n’hésite pas à solliciter le concours des surveillants généraux qui sont aussi limités dans leurs prérogatives.
Le rôle des surveillants généraux est réglementé par des textes de loi. Ils sont nommés pour maintenir l’ordre et la discipline dans les établissements, prévenir les comportements déviants et sanctionner en cas de violation du règlement intérieur. De plus, ils ont l’obligation d’appliquer les sanctions selon les punitions prévues pour chaque faute par ce même règlement intérieur.
3- De l’efficacité des solutions proposées
Le Professeur pense proposer des solutions appropriées. Or, en dehors de l’éducation civique, il nous rappelle juste la pratique habituelle : l’identification des apprenants coupables de déviances, la convocation de leurs parents, le conseil de discipline et l’application de la sanction adéquate allant des fois jusqu’à l’exclusion temporaire.
Ces mesures sus-évoquées sont appliquées quotidiennement dans les écoles. Elles n’effrayent plus les apprenants qui sont prêts à défier même l’autorité de leurs parents pendant les conseils de discipline.
En dehors des solutions habituelles prescrites par le règlement intérieur et rappelées par le professeur Hounmenou, les parents doivent reprendre en main l’éducation de leurs enfants, maintenir leur autorité sur les enfants, être plus présents pour le suivi sans oublier de leur inculquer les valeurs éthiques et morale et la crainte de l’enseignant.
Pour finir, l’éducation civique ne peut prospérer sans l’éducation à la santé sexuelle, la relecture du règlement intérieur pour restaurer l’autorité de l’enseignant et renforcer les sanctions afin d’amoindrir les déviances sexuelles et comportementales qui prennent des proportions inquiétantes.

Vincent ATINDOKPO

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *